L'engouement pour la saignée a failli provoquer l’extinction des sangsues

National Geographic - 14/04
Au 19e siècle, la sangsue médicinale était en vogue en Europe. On s’en servait pour traiter des maux divers et variés, des infections aux troubles mentaux.

Lorsque l’on pense aux engouements du marché, on pense tulipes néerlandaises ou alors biens immobiliers. Mais au 19e siècle, la demande en sangsues médicinales européennes (Hirudo medicinalis) a bien failli conduire l’espèce à l’extinction. Dans toute l’Europe, on vantait leurs propriétés médicinales comme celles d’un remède miracle, et l’on s’en servait pour traiter une multitude de maux, du cancer à la tuberculose en passant par les troubles mentaux.

Ces vers convoités, de couleur brune ou noire, arborant un liseré jaune, vert ou rouge sur le dos, étaient populaires car on leur attribuait une certaine douceur, mais aussi, et surtout, un appétit vorace.

Il n’était pas rare que les médecins de l’époque prescrivent des dizaines de sangsues pour traiter le mal dont souffrait un patient. Un patient auquel qu’on soupçonnait atteint de pneumonie, par exemple, pouvait se voir appliquer quatre-vingts sangsues sur la poitrine à chaque séance de traitement. Pour soigner la gastrite, on pouvait en prescrire vingt, voire même quarante. En conséquence, les spécimens sauvages d’Hirudo medicinalis se sont raréfiés sur l’ensemble de leur aire de répartition en Europe.

Hirudo medicinalis, espèce de sangsues médicinales la plus commune, peut atteindre une taille de 18 cm. L’animal servit notamment à effectuer des saignées. Les humains pratiquent la saignée pour traiter des maux en tous genre depuis au moins 3 000 ans (Égypte). Les premiers praticiens se servaient d’outils simples, comme des épines de plantes ou des dents d’animaux, pour saigner les patients. Alors que la pratique se propageait à l’Europe et à l’Asie, l’utilisation de lames à double tranchant (qu’on appelle aujourd’hui bistouris) se démocr...
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