Avec le début de l'hiver, les vagues de l'Atlantique amènent une nouvelle génération d'anguilles depuis leurs frayères dans la mer des Sargasses jusqu'à la côte du Golfe de Gascogne. C'est là que nous rencontrons Andrew Kerr qui dirige Sustainable Eel Group (SEG), une organisation qui travaille dans toute l'Europe à préserver cette espèce fascinante.
"Plus d'un milliard de civelles arrivent sur cette côte chaque année : c'est le plus extraordinaire des voyages," fait remarquer Andrew Kerr. "La civelle a la forme d'une feuille et elle flotte en se tortillant dans le courant," décrit-il, "pour attraper cette incroyable dérive à travers l'Atlantique, lui permettre de remonter les rivières d'eau douce, prendre du poids - peut-être sur 10, 15 ou 20 ans -, puis faire le voyage retour via les Açores jusqu'à la mer des Sargasses."
Mais l'anguille européenne est en déclin : sa population a chuté de 90% en quelques décennies.
Pour tenter de comprendre, retraçons son cycle de vie.
Alors qu'une partie des civelles est capturée à leur arrivée pour être relâchée dans les rivières, le reste des prises est élevé jusqu'à leur taille commerciale.
Dans le sud-ouest de la France, Jérôme Gurruchaga élève des civelles qu'il achète auprès des pêcheurs locaux et qui deviendront des anguilles jaunes, puis argentées. Un mets très recherché.
Cette entreprise fait partie de celles qui travaillent avec SEG pour rendre l'ensemble de la chaîn...
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