La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative fréquente. D’évolution lente et progressive, cette pathologie se caractérise par la diminution du nombre de neurones chargés de produire la dopamine. Ces derniers sont impliqués dans le contrôle des mouvements.
Le déficit de ces neurotransmetteurs provoque graduellement l’apparition de symptômes pouvant être invalidants, voire très handicapants pour les malades de Parkinson, comme des tremblements au repos, une rigidité musculaire ou encore une lenteur dans les mouvements.
"Cette maladie s’associe également à des symptômes non-moteurs comme l’anxiété, la dépression, l’agitation pendant le sommeil, la perte de l’odorat, la constipation, etc.", précise le Pr Stéphane Thobois, chef du service neurologie du centre hospitalier spécialisé Pierre Wertheimer près de Lyon.
On distingue la maladie de Parkinson idiopathique (maladie dont la cause n’est pas attribuée) des autres syndromes parkinsoniens. Ces syndromes parkinsoniens atypiques se manifestent, certes, par les mêmes symptômes que ceux de la maladie de Parkinson, mais en comportent également d’autres qui leur sont propres.
De plus, ils ne répondent pas de la même cause et n’auront pas la même évolution. « Ils sont plus agressifs et répondent moins bien aux médicaments », indique le médecin spécialiste.
En France plus d'un million de personnes souffrent d'une maladie neurodégénérative. La maladie de Parkinson est la seconde maladie dégénérative la plus fréquente en France, après Alzheimer. Entre 100 000 et 150 000 personnes seraient touchées par cette pathologie dans l’Hexagone. Environ 8 000 nouveaux cas seraient diagnostiqués chaque année.
Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson ne se déclarent qu’à partir du moment où environ 50 % des neurones dopaminergiques ont disparu, c’est-à-dire environ cinq à dix ans après le début de la maladie.
Il s’agit de troubles moteurs comme :
Photo : attitude typique (marche corps fléchi en avant) d’un patient atteint de Parkinson
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Crédit : Albert Londe Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paralysis_agitans-Male_Parkinson%27s_victim-1892.jpg
Cette affection neurodégénérative peut également se manifester par des troubles non-moteurs, comme :
Ces signes avant-coureurs (survenant avant les signes moteurs) ne permettent généralement pas aux malades de s’alerter. Le recueil de ces symptômes annonciateurs est basé sur les déclarations de patients déjà diagnostiqués. Avant que les symptômes moteurs se déclarent, ils ont parfois constaté :
Selon une nouvelle étude publiée dans eClinicalMedicine en 2022, les personnes qui font fréquemment des mauvais rêves sont deux fois plus susceptibles d’être diagnostiquées de la maladie de Parkinson, par rapport à ceux qui n’en font pas. “Bien que nous devons mener d'autres recherches dans ce domaine, l'identification des cauchemars pourrait indiquer que les personnes qui les subissent à un âge avancé, sans aucun déclencheur évident, devraient consulter un médecin”, indique l’auteur principal de la recherche, le docteur Abidemi Otaiku.
En effet, des recherches antérieures avaient déjà montré que les personnes atteintes par la maladie de Parkinson faisaient régulièrement des cauchemars, mais la réflexion inverse n’avait jamais été envisagée. Autrement dit, cette fois-ci, les chercheurs ont utilisé les mauvais rêves pour prouver que ce sont des indicateurs de risque de la maladie. “Bien qu'il puisse être vraiment bénéfique de diagnostiquer la maladie de Parkinson tôt, il existe très peu d'indicateurs de risque. Nombre d'entre eux nécessitent des tests hospitaliers coûteux et sont non spécifiques, comme le diabète”, révèle le médecin.
Pour arriver à ces résultats, les scientifiques ont utilisé les données de 3 818 hommes âgés sur une période de 12 ans. Dès le début de l’étude, les participants ont rempli une série de questionnaires qui comprenait notamment une question sur la qualité de leur sommeil. Ceux qui ont signalé faire des cauchemars au moins une fois par semaine ont été suivis par les chercheurs. Résultat : durant cette période, 91 cas de la maladie Parkinson ont été détectés, et ce, au cours des cinq premières années de l’étude.
« Cette pathologie est une maladie progressive qui commence lentement, et s’aggrave dans le temps », explique le Pr Stéphane Thobois. Pour autant, l’évolution de la maladie est distincte pour chaque patient. « Généralement, plus la maladie se déclare tard, plus elle sera agressive », ajoute le spécialiste.
En fonction de l’agressivité des symptômes, on distingue différents stades de la maladie :