« Mais c’était mon idée ! » : le pillage, ce sport de bureau ordinaire

Romane Ganneval - LePoint - 07/04
En entreprise, le vol d’idées est courant. Il mine la confiance, brouille l’engagement. Faut-il se taire, protester ou apprendre à vivre avec ?

Une idée vous traverse, vous la formulez à voix haute, on hoche la tête. Et puis, quelques jours plus tard, vous l'entendez à nouveau dans la bouche d'un autre. Sans votre nom. En entreprise, le vol d'idées est quotidien, mais il laisse des traces. Il installe le doute, entame la confiance et l'engagement. Alors, que faire quand ce que l'on pense devient la vitrine d'un autre ? Se taire, protester, ou simplement apprendre à faire avec ?

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En janvier, le ciel traînait bas sur la ville. Audrey, 37 ans, poussait la porte de l'agence qui venait de l'embaucher, le manteau encore mouillé. Elle avait répété son sourire dans le métro, révisé les prénoms sur LinkedIn, espéré qu'on lui laisse un peu de place. À son arrivée, la nouvelle cheffe de projet éditoriale s'était volontairement tenue en retrait. En réunion, elle observait les dynamiques, notait les silences, les voix qui prennent toute la place, celles qu'on coupe sans y penser. Elle écoutait, prenait des notes. Pour déchiffrer les codes, s'ajuster, comprendre ce que l'on attendait d'elle.

Un matin, lors d'un point hebdomadaire, elle avait glissé une idée à son supérieur, pour un géant du BTP. « Bonne piste », avait-il lancé, dans un sourire complice. La semaine suivante,...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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