L’histoire qui a donné son nom à l’Amazonie commence le 24 juin 1542. L’explorateur Francisco de Orellana prie alors pour qu’apparaisse une issue dans le monde luxuriant qui a englouti son expédition. Après avoir navigué pendant sept mois sur une série d’affluents depuis les contreforts andins, les deux navires de l’Espagnol et leur cinquantaine d’hommes affamés sont enfin parvenus sur le fleuve le plus vaste qu’ils aient jamais vu. Francisco de Orellana espère qu’il les conduira bientôt à l’océan Atlantique.
Il est accompagné de Gaspar de Carvajal, un moine dominicain qui écrit la chronique détaillée de leur périple. Il consigne la stupéfaction des Européens devant la sophistication des cultures qu’ils rencontrent : des villages densément peuplés le long des rives, des réseaux de larges routes, des esplanades magnifiques et des palissades fortifiées, des fermes aux cultures soignées, et des poteries peintes aussi délicates que celles d’Espagne.
Certaines populations les accueillent avec générosité – leur proposant comme nourriture du manioc, de l’igname, du maïs et des tortues. Mais, en ce jour de juin, à presque 1000 km de l’estuaire de l’immense fleuve, ils sont attaqués par des guerriers menés par des femmes féroces « combattant si courageusement que les hommes à leurs côtés n’osaient pas leur tourner le dos ». Carvajal, qui finit avec une flèche dans le flanc, les compare aux Amazones de la mythologie grecque. Son récit du voyage – première traversée de l’Amérique du Sud par un Européen – sera par la suite qualifié de fantaisiste par les autorités espagnoles. Mais le terme d’« Amazonie » reste...
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