Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.
Un des sujets qui ne cesse de préoccuper les sociétés modernes est sans contredit celui de l’immigration. Les événements récents l’ont projeté au premier plan des débats entre le Canada et son voisin immédiat, dont le président n’a cessé de marteler qu’il fallait respecter les frontières et arrêter le va-et-vient irrégulier entre les pays d’une cohorte d’humains déclarée suspecte parce qu’elle ose demander asile dans des lieux où elle n’est pas invitée. C’est cette même question qui traverse l’œuvre du romancier Émile Ollivier et qu’il aborde de façon explicite dans La brûlerie, un roman posthume qui met en scène les diverses manières de vivre l’exil.
Émile Ollivier (1940-2002) est né en Haïti, pays qu’il quitte en 1965, après avoir été emprisonné pour cause d’opposition au régime Duvalier. Il se rend d’abord à Paris, puis au Québec vers la fin des années 1960. Il devient quelques années plus tard professeur de sociologie à l’Université de Montréal. Il est reçu à l’Académie des lettres du Québec le 21 avril 2000, honneur que j’eus alors le plaisir de partager avec lui.
Dans un article du...
[Courte citation de 8% de l'article original]