De nombreuses personnalités osent aujourd'hui parler de leurs fragilités psychologiques, dévoilant le long parcours mené pour cerner leur maladie. Souvent confondu avec la dépression, le trouble bipolaire est difficile à identifier, retardant une prise en charge adaptée et aggravant même les symptômes. Ce retard illustre les errances thérapeutiques en santé mentale, parent très pauvre de la médecine. Le Pr Raoul Belzeaux, psychiatre au CHU de Montpellier, présente les avancées sur des biomarqueurs qui pourraient accélérer le diagnostic.
au sommaire
On estime qu'entre 1 et 2,5 % de la population en France est touchée par le trouble bipolaire. Pourtant, il faut entre 7 et 10 ans en moyenne avant de se voir proposer un traitement et une prise en charge adaptée. Pourquoi ce trouble est-il si souvent confondu avec la dépression et quels sont les risques pour le patient ? Entretien avec le Pr Raoul Belzeaux, psychiatre au CHU de Montpellier.
Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?
Pr. Raoul Belzeaux : Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique caractérisée par trois types de signes. L'euthymie, une phase sans symptôme durant laquelle le patient va plutôt bien. Les phases hypomaniaques et maniaques (excitation, exaltation, hyperactivité, insomnie sans fatigue, désinhibition sociale et sexuelle, irritabilité, prise de risque, dépenses financières inconsidérées...). Enfin, les phases dépressives, où l'on n'a plus d'envie de rien, on n'arrive pas à se concentrer, on est pétrifiépétrifié avec, très souvent, des idées suicidaires... Ces phases se succèdent de manière anarch...
[Courte citation de 8% de l'article original]