C’est dans un fauteuil, le torse sanglé par une coque en plastique, que Pascal Étienne nous reçoit dans sa maison de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Il s’est fracturé deux vertèbres à la suite d’un « vol » – une chute dans le vocabulaire des grimpeurs – dans une voie du socle de la Candelle, dans les Calanques.
À 64 ans, l’escalade fait partie de la vie de celui qui fut un des meilleurs grimpeurs de sa génération. En cordée avec Thierry Renault, il signa un record dans l’ascension du Nose, au Capitan, une paroi de granite de plus de 1 000 mètres du parc national de Yosemite, en Californie. En « sortant » la voie mythique en moins de 12 heures, ils établirent en 1983 un temps qui reste une sacrée référence.
Aujourd’hui, il n’ira pas à « Bleau » – les blocs de grès de la forêt de Fontainebleau – ni dans une salle, ni même sur le « pan » qu’il a aménagé avec son épouse, Catherine Carré, dans le sous-sol de leur pavillon. Mais ce sera quand même une journée consacrée à l’escalade. Objectif : l’accueil en France de grimpeurs palestiniens.
« Alors que nous avions été 7 fois sur les falaises de Jordanie, ce n’est qu’en novembre 2023 que nous avons appris qu’on grimpait en Palestine. C’est un membre de la commission montagne de la FSGT1 qui m’a envoyé un lien sur le documentaire Resistance Climbing, du grimpeur et journaliste d’escalade américain Andrew Bisharat2. »
En Cisjordanie, on grimpe un peu partout. Des falaises sont équipées près de Naplouse, de Bethléem et autour de Ramallah. Il y a des sites du côté de Jéricho et dans la vallée du Jourdain, mais ils sont en zone C, sous le contrôle intégral d’Israël, et l’escalade y est exclue.
Le film montre une communauté de grimpeurs qui essaient de pr...
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