Breakingviews - Les vacances fiscales de la défense de l'UE se retourneront contre feu

Pierre Briancon - Reuters - 28/03
Ursula von der Leyen utilise le mauvais outil avec la bonne intention. Le président de la Commission européenne souhaite suspendre les règles budgétaires de l’Union pour permettre aux États membres d’accélérer leur défense. Pourtant, la mesure qu'elle suggère ne peut qu'augmenter le risque d'un accident.
Berlin, 28 mars (Reuters Breakingviews) - Ursula von der Leyen utilise le mauvais outil avec la bonne intention. Le président de la Commission européenne souhaite suspendre les règles budgétaires de l’Union pour permettre aux États membres d’accélérer leur défense. Pourtant, la mesure qu'elle suggère ne peut qu'augmenter le risque d'un accident.
Avec l'augmentation de la menace russe et des signes croissants que les États-Unis se refroidissent sur son engagement de 80 ans à défendre le continent, l'Europe doit dépenser chaque année 1% à 1,5% du PIB pour sa défense. Il ne sera pas en mesure de trouver les 200 milliards d'euros à 300 milliards d'euros dont elle a besoin si les gouvernements se préparent à la guerre tout en essayant de limiter leurs déficits budgétaires à 3% du PIB et des dettes publiques à 60% de la production.
Le problème est la méthode de Von der Leyen. Elle propose de l'activation de la soi-disant clause d'évasion nationale des traités de l'UE, conçue pour des urgences spécifiques au pays, pendant quatre ans. Mais la conséquence juridique est que pour toutes les questions pratiques, «débranchez» complètement le régime de surveillance budgétaire, note Lucas Guttenberg, économiste et conseiller principal à la Fondation Bertelsmann à Berlin. Bruxelles insiste sur le fait que la flexibilité ne s'appliquerait qu'à la défense, mais elle est pour des motifs juridiques fragiles: le déclenchement de la clause d'évasion...
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