Pierre Fortin, le roi du Saint-Laurent

Christian Blais - Le Devoir - 22/03
Dès 1869, Pierre Fortin prédit les dangers futurs du réchauffement climatique.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Les frontières québécoises du golfe du Saint-Laurent sont inchangées depuis 1825, il y a 200 ans. Au début du XIXe siècle, ces eaux « nationales » ne sont ratissées qu’une fois l’an par la Royal Navy. Les pêcheurs locaux doivent pourtant partager ce domaine maritime avec les Américains, qui ont le droit d’y pêcher selon les traités de 1783, de 1818 et de 1854. La loi du plus fort prévaut. Pilleurs de navires naufragés, contrebandiers et brigands font régner la terreur en Gaspésie, aux îles de la Madeleine et sur la Côte-Nord.

Le Parlement de la province du Canada (1841-1866) s’intéresse à la protection des populations du golfe après l’étude d’une pétition signée en 1849 par le capitaine Antoine Talbot. Celui-ci raconte avoir été chassé du poste de pêche qu’il a bâti non loin de Blanc-Sablon. Soixante hommes armés venus des États-Unis, écrit-il, se sont emparés de ses propriétés. D’autres témoins déplorent que le gouvernement n’ait aucune autorité sur les rives du golfe du Saint-Laurent....
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