Etre transgenre dans la campagne française, au-delà de l'isolement

Guadeloupe France Antilles - 20/03
Au cours de sa transition, Valérie Montchalin, femme transgenre de 52 ans, a dû faire le tri dans ses amis. Certains lui ont tourné le dos. Elle n'a pas été invitée au «repas de la classe» qui rassemble les habitants de son village natal.

Mme Montchalin habite Saint-Victor-Malescours, 700 habitants, où tout le monde se connaît depuis toujours. Longtemps, elle a dû faire face seule à son désir d'être une femme.

"Déjà à six-sept ans, je me sentais mal sans pouvoir mettre des mots dessus. Mais si j'avais dit à ma mère que je ne me sentais pas bien dans mon corps, j'aurais pris une paire de gifles" - la peur du "qu'en dira-t-on", explique-t-elle.

Alors, en grandissant, "j'ai fait ce qu'on attendait de moi": le métier de maçon, le mariage à 22 ans, deux enfants et une personnalité "bourrue, plutôt macho, aux antipodes de ce que je suis réellement."

Elle raconte les années de "souffrance", son malaise dans les boutiques de vêtements masculins, dans le miroir du coiffeur, avant finalement à l'âge de 48 ans de se confier à ses proches.

Depuis, elle se rend en ville à Saint-Etienne pour se faire prescrire des hormones. Elle a laissé pousser ses cheveux, va chez l'esthéticienne - "je suis coquette". Ses salariés, au départ "choqués", lui font maintenant "l...
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