Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°937, daté mars 2025.
Le 7 juin 1924. Journal de bord d'Andrew Irvine, page 98. "J'ai préparé deux appareils à oxygène pour notre dernière tentative de demain." Le jeune alpiniste n'atteindra jamais la centième page de son carnet en cuir. Le lendemain, il se lance dans la périlleuse ascension du sommet de l'Everest avec son compagnon de cordée, le célèbre George Mallory. Une expédition que personne jusqu'alors n'avait réussie et qui leur sera fatale.
Le corps de George Mallory ne fut retrouvé qu'en 1999, mais toujours aucune trace d'Andrew Irvine. Ce n'est qu'en septembre 2024, exactement cent ans après leur disparition, qu'une équipe du National Geographic fait une découverte retentissante : les restes d'un pied de l'alpiniste dont la chaussette est étiquetée "A. C. IRVINE ".
C'est tout à fait par hasard que le réalisateur Jimmy Chin et son équipe tombent sur cette chaussure. Leur objectif était de grimper l'Everest par la face nord, et de redescendre de l'autre côté à ski. Pendant leur ascension, ils aperçoivent une semelle parsemée de clous en acier qui leur rappelle immédiatement celle de George Mallory. En s'approchant, Jimmy Chin remarque qu'une chaussette est toujours coincée à l'intérieur, ainsi que les restes d'un pied. En soulevant celle-ci, il révèle l'étiquette brodée au fil rouge, indiquant le nom d'Irvine.
Autour de l'histoire de ces deux Britanniques gravite un mystère exaltant, qui tient en haleine des milliers d'alpinistes : leur accident a-t-il eu lieu pendant l'ascension ou la descente du col nord de l'Everest ? Autrement dit : ont-ils atteint le sommet, 29 ans avant Tenzing Norgay et Edmund Hillary ?
Si leurs noms sont devenus indissociables, George Mallory et Andrew Irvine forment pourtant un binôme atypique. Le premier, ancien soldat de la Grande Guerre, est un alpiniste chevronné et réputé. On...
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