Jadis "nuisibles", aujourd’hui ESOD : qui sont ces animaux chassés sans limite ?

Sciences Et Avenir - 14/03
La régulation de certaines espèces "susceptibles d'occasionner des dégâts" en France est probablement la forme de chasse la plus pratiquée. Et elle se déroule tout au long de l'année.

ESOD est un terme "administratif" qui a remplacé, depuis la loi de "reconquête de la biodiversité" en 2016, une expression plus infamante : "espèces d’animaux malfaisants ou nuisibles". Ainsi, ESOD désigne une espèce représentant une nuisance sur notre alimentation, nos cultures ou d’autres espèces qui nous seraient utiles, bétail et gibier compris, et nécessite dès lors d’être détruite. L’Etat détermine tous les trois ans la liste de ces espèces pouvant être chassées, piégées ou déterrées tout au long de l’année et de manière illimitée, au contraire des quelques 90 espèces chassables uniquement pendant la saison de chasse, soumises, elles, à un quota. Charles Stepanoff, dans son enquête ethnologique sur les chasseurs qualifie la chasse de ces ESOD d'une "forme de vénerie, la plus nombreuse mais certainement la moins connue" et donne pour illustrer son propos l’exemple d’un département, l’Eure-et-Loir, où l’on compte (en 2021) trois équipages de chasse à courre mais aussi 27 équipages de vènerie sous terre agréés pour déterrer 800 renards par an !

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Que sont les ESOD?

Les ESOD, l’acronyme pour "espèces susceptibles d’occasionner des dégâts" regroupent des mammifères et des oiseaux à qui l’on impute des dommages listés par le Code de l’environnement (Articles R427-1 à R427-28) : la santé des populations, la sécurité publique, la protection de la flore et de la faune sauvages, la prévention de "dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles" et enfin celle de "dommages à d'autres formes de propriété". C’est un statut juridique propre à la France.

Les ESOD regroupent trois catégories d’animaux, comme on le verra un peu plus ba...
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