À la fin du Permien, il y a 252 millions d'années, a eu lieu la plus importante extinction de masse que la Terre ait connue jusqu'à présent. Cette crise biologique a anéanti environ 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres. Une nouvelle étude avance qu'une émission massive de cendres serait à l'origine de cette catastrophe.
La crise du Permien, il y a 252 millions d'années, a décimé 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres. La plus grande extinction de masse que n'ait jamais connu notre Planète. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer cette crise, la plus communément admise étant celle d'une émission massive de CO2 due à une intense activité volcanique des Trapps de Sibérie (lire ci-dessous). En vomissant des torrents de lave, ces volcans auraient émis une grande quantité de gaz carbonique dans l'atmosphère, ce qui aurait conduit à un réchauffement massif et à une diminution du taux d'oxygène des océans, une anoxie.
What caused the mass extinction that wiped out 80-90% of species of land and sea 250 million years ago? NYU researchers' analysis of minerals in southern China showed that a “volcanic winter” that drastically lowered earth’s temperatures was part of it: https://t.co/qwt8h7ID5N
— New York University (@nyuniversity) November 20, 2021
Une nouvelle étude de l'université de New York avance aujourd'hui une autre piste qui viendrait s'ajouter à la première. La crise du Permien aurait bien débuté par des éruptions volcaniques... mais qui auraient dans un premier temps refroidi la Planète. « Dans le sud de la Chine, nous avons retrouvé des niveaux inhabituels de cuivre et de mercure dans les couches de cendres juste au début de la période », explique Michael Rampino de l'Université de New York, l'un des auteurs de l'étude parue dans Science Advances.
« Ces couches de cendres sont également riches en soufre, ce qui suggère un volcanisme explosif dans la région », poursuit-il. Or, contrairement aux éruptions sibériennes qui n'étaient pas de type explosif, les éruptions explosives comme celles de Chine relâchent des panaches de fumée et de cendres qui peuvent voyager dans la stratosphère sur des milliers de kilomètres. Ce nuage de cendres aurait eu un effet planétaire sur le climat, entraînant un bref refroidissement de plusieurs degrés suivi d'un long réchauffement. « Les organismes vivants, déjà soumis au stress du refroidissement, n'auraient pas été capables ensuite de résister à un nouveau changement », conclut Michael Rampino.
À la fin du Permien, il y a 252 millions d'années, a eu lieu la plus importante extinction de masse que la Terre ait connue jusqu'à présent. Cette crise biologique a anéanti environ 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres. L'origine de cette catastrophe est cependant encore mal connue.
Article de Morgane Gillard publié le 27 septembre 2021
Les enregistrements sédimentaires révèlent que la crise biologique de la fin du Permien est associée à une importante perturbation du cycle du carbone et à une augmentation dramatique de la température du globe.
Cette crise biologique se reconnait dans les séries sédimentaires permiennes du monde entier par une excursion négative rapide d'un isotope du carbone. En effet, le carbone possède deux isotopes stables, le 12C (majoritaire) et le 13C (plus rare). Ce qui intéresse principalement les scientifiques, c'est la proportion relative entre ces deux isotopes (δ13C) ainsi que ses variations au cours du temps. Lorsque le taux de 12C augmente par rapport au taux de 13C, on parle ainsi d'excursion négative du δ13C.
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[Courte citation de 8% de l'article original]