César stratège : comment il a conquis la Gaule

National Geographic - 23/02
En 52 av. J.-C., le siège d’Alésia sert d’épilogue à six ans de guerre. Le général romain utilisa en fin stratège tous les moyens à sa disposition pour parvenir à la victoire.

Cet article a initialement paru dans le magazine Histoire et Civilisations. S'abonner

Beaucoup de nos contemporains savent que César a conquis la Gaule et qu’il n’y a pas eu de village d’irréductibles gaulois. ­César a donc gagné. Mais pouvait-il perdre ? Cette question trouve une réponse dans le parallèle, rarement établi par les historiens, entre les deux parties qui s’affrontèrent durant le conflit. L’une des clefs de la réussite des armées romaines réside dans la personne de César, qui valait à lui seul plusieurs légions.

César est né à Rome en 100 av. J.-C., dans la famille des Julii, aux moyens modestes mais d’origine illustre : ces patriciens prétendaient descendre de Vénus, ce qui n’était pas sans avantages, car cette déesse aimait à la fois les galipettes et les batailles. Il suivit de solides études qui firent de lui un parfait bilingue latin-grec, ce qui lui permit d’accéder à une abondante littérature militaire. Plusieurs missions officielles lui servirent d’école d’application. Mais, comme tous ses semblables, il dut attendre longtemps avant d’accéder au pouvoir et vécut à crédit jusqu’en 59 av. J.-C., année où il reçut un commandement sur la Gaule.

Parmi ses qualités, il faut compter l’intelligence dans le choix de ses seconds ; il ne leur demandait que de la compétence, sans tenir compte de leurs engagements politiques. Il put ainsi s’appuyer sur Brutus, vainqueur des Vénètes, sur Cicéron, le frère de l’orateur, ou encore sur Labienus, présent à Alésia. Ces officiers commandaient des soldats divisés en deux groupes : les légionnaires et les socii (ou « alliés »). Les premiers étaient des professionnels, fantassins lourds utilisant un casque, une cuirasse, un bouclier, un glaive et un javelot. Bien formés par un entraînement intensif, ils étaient répartis en légions de 5 000 hommes chacune et divisées en 10 cohortes, 30 manipules et 60 centuries.

Beaucoup de ces légionnaires des...
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