Néandertal ne se brossait pas les dents avec du dentifrice anti-tartre, et c’est tant mieux pour la science.
Ce qui n’est pour nous qu’une accumulation disgracieuse est en fait une mine d’or pour les microbiologistes qui s’intéressent à l’évolution humaine. La plaque dentaire durcie qu’ont prélevé des chercheurs sur des spécimens néandertaliens contenait le matériel génétique des plantes et des animaux qu’ils avaient ingérés. Les restes microbiens qu’on y a trouvé dévoilent en outre une multitude de détails sur leur mode de vie et même sur ce qui les rendait malades.
Ces chercheurs ont prélevé de l’ADN et des bactéries préhistoriques sur les mâchoires de trois Néandertaliens découverts en Belgique et en Espagne et ont publié leurs conclusions dans la revue Nature en mars 2017.
L’ADN de rhinocéros laineux et d’ovins présent sur les spécimens qui vivaient en Belgique nous apprend que leur alimentation se composait très largement de viande. Quant aux Néandertaliens d’Espagne, ils semblent s’être nourris principalement de végétaux comme de la mousse, des pignons et des champignons.
Plus captivant encore, Laura Weyrich et son équipe ont découvert une abondance microbienne tout à fait préservée sur la plaque dentaire calcifiée : l’équipe a pu prélever l’ADN de leur microbiome, ces communautés de bactéries et de champignons qui vivent à la surface et à l’intérieur du cor...
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