Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°936, daté février 2025.
Au bout de son bras, la pelleteuse jaune soulève un madrier, qu'elle place ensuite dans le sol. Les travaux de réhabilitation de la tourbière de Pré-Partot, à La Planée-Malpas (Doubs), ont débuté il y a quelques jours. Ils s'inscrivent dans un programme Life, cofinancé par l'Union européenne et coordonné par le conservatoire d'espaces naturels (CEN) de Franche-Comté, qui vise à restaurer 70 tourbières dans le massif du Jura. Beaucoup de ces zones humides sont en effet dégradées.
Entre le 18e et le 20e siècle, elles ont été exploitées pour leur tourbe : séchée, cette matière organique noire, semblable à de la terre, qui s'accumule au sein de ces milieux atypiques, servait de combustible. Dans d'autres pays, aujourd'hui encore, on l'extrait pour alimenter des terreaux. De nombreuses tourbières ont aussi été drainées afin d'être asséchées, libérant ainsi des espaces de culture ou de pâturage. Mais dans ces zones, "dès que le niveau d'eau baisse, la matière organique entre en contact avec l'oxygène, et elle est décomposée par les bactéries qui relarguent alors du carbone dans l'atmosphère ", résume Aurélien Hagimont, chargé de mission à l'établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau (Épage) Doubs-Dessoubre.
Qu'est-ce qu'une tourbière ? Selon le Pôle relais tourbières, une tourbière est "un milieu caractérisé par la présence, ou la formation, d'un sol composé de tourbe, soit de la ...
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