Dans le désert de Karakoum, la "Porte de l’enfer" brûle depuis des décennies

National Geographic - 08/02
S'éteindra-t-il un jour ? Situé en Asie centrale, au Turkménistan, ce cratère enflammé est la conséquence d’un accident industriel et une attraction touristique.

L’explorateur National Geographic George Kourounis est descendu il y a dix ans dans la « Porte de l’enfer ». Ce surnom, donné au cratère de Darvaza (du nom du village voisin), décrit particulièrement bien le phénomène observé dans cette dépression de 70 mètres de diamètre et 30 mètres de profondeur située dans le centre-nord du Turkménistan. Car, depuis des décennies, une poche de méthane brûle dans cette zone reculée du désert de Karakoum.

En 2013, George Kounounis est donc devenu la première personne (et la seule à ce jour) à descendre dans le cratère enflammé. Après deux années de préparation, il n’a eu que dix-sept minutes pour effectuer des prélèvements du sol et mesurer les niveaux de gaz avant d’être hissé hors de la dépression. « Ces dix-sept minutes sont gravées dans ma mémoire, raconte-t-il. C’était bien plus effrayant que ce à quoi je m’attendais et il faisait bien plus chaud que je ne le pensais ; le cratère était aussi plus impressionnant que je ne l’imaginais ».

Cette expédition a permis au monde entier de découvrir le cratère de Darvaza. Les images largement partagées du brasier, et le récit apocryphe de son origine, ont attiré des touristes dans cette ancienne république soviétique isolée d’Asie centrale. Le régime autoritaire du pays est lui plus nuancé vis-à-vis du cratère : il déclare ainsi de temps en temps qu’il compte éteindre les flammes alimentées par le méthane, avant de finalement laisser la Porte de l’enfer continuer à brûler.

Possédant d’immenses dépôts gaziers et pétroliers, le Turkménistan compte une myriade de zones industrielles laissant échapper du méthane, un gaz à effet de serre, dans l’atmosphère. Au début de l’été 2023, les gouvernements américain et turkmène ont ainsi discuté de la manière dont ils pourraient coopérer afin de reboucher pour toujours ces sites, et notamment (peut-être) le cratère de Dar...
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