Afrique : et si la contribution de la diaspora était trop sous-estimée

Blaise Gnimassoun - LePoint - 19/11
ANALYSE. Les Africains de la diaspora ne sont pas autant des cerveaux en fuite qu'on le dit. Leur expertise profite régulièrement à l'Afrique. Démonstration.

Longtemps considérée comme une perte, voire un désastre, pour l’Afrique, et parfois associée à une « fuite des cerveaux », la diaspora africaine se révèle, au contraire, être un puissant vecteur de développement pour le continent. Cela sur plusieurs fronts, y compris dans le cas des expatriés préalablement « bien » formés en Afrique. Mais elle pourrait être encore plus décisive, tant son potentiel est immense. Pour ce faire, certains leviers bien connus comme les transferts financiers personnels vers l’Afrique doivent être redynamisés. D’autres, sous-estimés et sous-exploités, voire méconnus, doivent être activés.

À LIRE AUSSIDiaspora : l’envie d’Afrique de plus en plus forte

Dynamique de la diaspora africaine en Europe et aux États-Unis

L’accélération de la mondialisation, depuis le début des années 1990, s’est accompagnée d’une forte émigration depuis l’Afrique vers les pays développés d’Europe et d’Amérique. Dans ces derniers, la diaspora africaine (les personnes nées en Afrique et vivant en dehors du continent) a plus que doublé, passant de 5,2 millions en 1990 à 13,6 millions en 2019.

Cette dynamique est soutenue par une impressionnante émigration de personnes qualifiées (ayant une éducation universitaire), qui a quasiment quadruplé en deux décennies. La diaspora africaine qualifiée vivant dans les pays développés de l’OCDE est passée de 1,3 million de personnes en 1990 à 5,2 millions en 2010.

Il en résulte une forte proportion de diaspor...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...