Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°936, daté février 2025.
"L'arrêt des tourbillons de l'esprit" : c'est ainsi que l'érudit indien Patanjali définissait le yoga vers le 2e siècle avant notre ère. L'intérêt est majeur, tant notre esprit a tendance à "tourbillonner" en de multiples circonstances : quand nous ruminons le passé, quand nous imaginons le pire pour une réunion ou un examen à venir, quand toutes sortes de pensées nous empêchent de fermer l'œil la nuit… Ce qui n'a rien de bénéfique pour l'humeur et la santé mentale.
Pour apaiser l'esprit, le yoga s'appuie en grande partie sur le travail du souffle - le pranayama, littéralement "contrôle de la force vitale". L'impact de la respiration sur notre psychisme est donc connu depuis des millénaires, mais ce n'est qu'à la fin du 19e siècle que le yoga est introduit en Occident, et encore beaucoup plus récemment que la science s'y est intéressée. D'abord, pour confirmer le pouvoir apaisant du souffle et mieux cerner les techniques qui fonctionnent. Ensuite, pour examiner comment ce va-et-vient d'air que nous faisons circuler dans les poumons agit sur le cerveau. Et enfin, pour déterminer dans quelles circonstances les techniques respiratoires sont bénéfiques.
L'arsenal proposé par le yoga et d'autres méthodes traditionnelles ou modernes est aussi pléthorique qu'imagé : respiration carrée, alternée, rafraîchissante, du feu, du soufflet, de l'océan… "Toutes les techniques existantes n'ont pas été analysées scientifiquement, mais les recherches modernes ont largement confirmé le pouvoir apaisant d'une partie de ce savoir-faire respiratoire", explique Thomas Similowski, pneumologue et directeur d'une unité de recherche en neurophysiologie respiratoire (Inserm-Sorbonne Université).
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La seule fonction vitale contrôlable par la volonté
Premier exercice, le plus simple : se focaliser sur son souffle. Il s'agit juste de prendre conscience de sa respiration, sans chercher à la modifier : sentez par exemple votre poitrine et votre ventre qui se gonflent et se dégonflent ; remarquez l'air qui atteint et traverse votre nez ; notez comme il est frais à l'entrée, puis réchauffé par sa circulation dans votre organisme à la sortie… Et poursuivez quelques minutes.
Si cette technique est possible, c'est parce que le cerveau suit en permanence tout ce qui se passe dans l'appareil respiratoire. En temps normal, il filtre ces informations, ce qui évite à l'esprit d'être envahi par le bruit de fond qui remonte du co...
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