Si nous rêvions de la formation professionnelle?

Henri Boudreault - Le Devoir - 01/02
Apprendre un métier implique de se servir de sa tête, de ses mains et de son cœur.

Une fois par mois, Le Devoir d’éducation veut proposer des contributions enrichissantes, qu’elles proviennent de chercheurs et de praticiens du milieu de l’enseignement ou d’autres personnes qui ont réfléchi à l’état de notre système d’éducation.

Je me suis interrogé sur la manière d’aborder le sujet de la formation professionnelle initiale sans verser dans les critiques habituelles sur l’éducation. Les discussions portent fréquemment sur les élèves en difficulté, la revalorisation et les besoins en main-d’œuvre, des thèmes récurrents dans le débat sur cette filière de formation souvent dépréciée.

Après plus de 45 ans à travailler en formation professionnelle, j’ai décidé de rêver la formation professionnelle plutôt que de me concentrer sur ce qui ne fonctionne pas. Je veux laisser aller mon imagination pour penser à un avenir prometteur qui découlerait d’un présent visionnaire.

La formation professionnelle est souvent victime d’une fâcheuse tendance à séparer les capacités d’un élève à apprendre avec sa tête ou avec ses mains. Lorsqu’un élève éprouve des difficultés à l’école, il est couramment orienté vers un métier de la formation professionnelle, en fonction des préalables exigés. Un élève m’a déjà confié un jour que ce n’est pas parce qu’il apprenait à partir d’un contexte plus pratique que cela faisait de lui une personne ayant des limitations.

Apprendre un métier implique...
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