Clément Beaune n'en a pas fini avec la politique. « Rentré un peu par hasard » dans ce monde si particulier, cette figure de la macronie veut continuer à jouer un rôle et à peser sur la suite. L'ex-conseiller d'Emmanuel Macron puis ministre et député (jusqu'à sa défaite aux législatives à l'été 2024) raconte de l'intérieur son expérience du pouvoir dans Je dirai malgré tout que la politique est belle (éditions Stock), à paraître le 5 février.
Un récit intime et sensible nourri d'anecdotes autant qu'un livre de propositions. Une sorte d'inventaire avant l'heure du macronisme, de ses succès comme de ses échecs. Clément Beaune éprouve d'inévitables regrets. « J'en ai la conviction : si l'on avait fait la réforme de la proportionnelle avant la réélection d'Emmanuel Macron, comme le défendait notamment François Bayrou, on aurait formé une coalition gouvernementale en 2022 et on aurait évité le chaos qui nous bloque depuis », écrit l'ex-élu de Paris.
Pour le haut fonctionnaire, infatigable optimiste, si notre pays connaît « une perte de valeurs et de repères », la « France va bien », conclut-il malgré tout. En vue de 2027, l'ancien socialiste appelle à créer un « mouvement social-démocrate français », assumant ainsi de vouloir réactiver le clivage droite-gauche.
À LIRE AUSSI Clément Beaune : « Ça ne sert à rien d'être aigri » Le sujet de la crise démocratique se trouve au cœur de cet ouvrage, riche en pistes de réflexion visant à faire évoluer notre régime. L'ancien élu Renaissance suggère pêle-mêle : de « désaligner » le calendrier des élections législatives de celui de la présidentielle, de voter d'abord pour les députés avant d'élire le président, de revenir au septennat, d'introduire le scrutin proportionnel aux élections législatives (par département), d'instaurer un « 49.3 positif » qui obligerait les oppositions à proposer un projet alternatif à celui auquel elles s'opposent ou encore d'autoriser le cumul du mandat de parlementaire avec certaines fonctions exécutives.
Mais aussi de convoquer des référendums régulièrement, d'instaurer un « délai de décence » de quelques semaines entre l'élection du président et sa prise de fonction effective, de supprimer la mairie de Paris en fusionnant en une seule commune la capitale et les trois départements de la petite couronne et d'obliger les futurs directeurs d'administration centrale à travailler au moins trois ans dans une entreprise, une association ou une collectivité locale avant leur nomination....
[Courte citation de 8% de l'article original]