La "fierté" de Rousse : "J'ai tellement galéré sur mon vélo"

Eurosport - 26/01
Directrice du Tour de France Femmes, Marion Rousse raconte ses difficultés initiales dans l'organisation de l'épreuve, dont la quatrième édition est pour 2025.
Le Tour de France Femmes 2024, remporté par Katarzyna Niewiadoma pour 4 secondes devant Demi Vollering, a été un sommet de dramaturgie. Comment avez-vous vécu son épilogue ?
Marion Rousse : C'était fabuleux. J'étais à la meilleure place, dans la voiture, juste derrière Demi Vollering qui essayait de retourner le Tour. Quand elle attaque à un peu plus de 50 kilomètres de l'arrivée de la dernière étape, on se dit que c'est plié. Mais Niewiadoma reprend des forces et, surtout, est épaulée par quelques concurrentes. Puis Vollering craque un peu dans l'Alpe d'Huez… et ça se joue à quatre petites secondes.
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Incroyable. J'en ai encore des frissons quand j'en parle. J'étais avec Christian [Prudhomme] ce jour-là. On changeait d'avis toutes les deux minutes, au sujet de l'identité de la lauréate. C'était fantastique. Je ne me souviens pas d'avoir vécu un moment aussi intense durant toute ma carrière.
Avant cela, il y a eu la 5e étape et Lorena Wiebes, notamment, qui n'attend pas Demi Vollering après sa chute. Ne doit-on pas, en partie, ce dernier acte épique à un dysfonctionnement chez SD Worx ?
M. R. : Malheureusement pour Vollering, oui. Déjà, elle a mis un peu de temps à se relever après sa chute. Elle était bien touchée. Et derrière… son équipe ne l'attend pas (alors qu'elle portait le maillot jaune, ndlr). Clairement. On était un peu dans l'interrogation, à se dire qu'il y avait peut-être moyen de faire mieux. Elle a perdu le Tour de France Femmes lors de cette étape.
Vollering va peut-être le reconquérir sous ses nouvelles couleurs, avec FDJ-Suez…
M. R. : Maintenant, c'est bien, on parle des championnes. Parce que la première année, on me demandait si ça allait marcher, si c'était cohérent, si le cyclisme féminin était prêt, etc. Mon boulot était de dire : "Ça va être génial", puis les championnes ont fait le boulot elles-mêmes. J'ai tellement galéré sur mon vélo, j'ai vu que je ne pouvais pas en vivre, j'ai dû arrêter ma carrière tôt… contribuer à cet essor, par ce "travail passion" de directrice du Tour de France Femmes avec Zwift et en faisant passer le bon message auprès des médias, c'est une fierté.

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Video credit: Eurosport

C'est un peu comme si le Tour de France était notre grand-frère
Une étape du Tour de France Femmes s'est achevée au Markstein en 2022. Il en a été de même un an plus tard lors de l'épreuve masculine. A quel point est-ce important pour vous d'établir un lien entre les deux émanations du Tour de France ?
M. R. : On aime bien faire des passerelles, évoluer main dans la main. C'est sympa d'écrire une histoire qui se prolonge, d'une course à l'autre. C'est un peu comme si le Tour de France était notre grand-frère. On tient à ces clins d'œil, qui ont parfois une dimension historique. Si on a choisi de partir depuis les Pays-Bas, en 2024, c'est en partie parce que le premier grand départ du Tour de France masculin à s'être tenu à l'étranger était, déjà, aux Pays-Bas (en 1954, ndlr).
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