Cet article est issu du magazine Les Dossiers de Sciences et Avenir n°220 daté janvier/ mars 2025.
La Chartre-sur-le-Loir, village sarthois situé entre Tours et Le Mans. Deux généralistes pour 1.370 habitants. Deux praticiens qui, comme l’immense majorité de leurs confrères aux alentours, refusent tout nouveau patient, quelle que soit l’urgence. Ils étaient 9 médecins sur 10 dans cette situation dans la Sarthe selon une enquête menée par UFC-Que choisir en 2022, alors même que quelque 66.000 Sarthois seraient aujourd’hui sans médecin traitant. Une situation telle que le conseil départemental a dû lancer en septembre dernier le service "Médibus" : un bus itinérant qui accueille ces patients délaissés, avec à son bord deux infirmiers et un médecin "présent" pour le moment… derrière un écran.
Le principe même d’une consultation médicale menée à distance, ou téléconsultation, a fait timidement son apparition en 2018, année de son autorisation, avant d’exploser lors de la crise sanitaire liée au Covid : 3.000 actes réalisés en 2018, puis 80.000 l’année suivante, avant d'atteindre un record de 13,6 millions en 2020.
Aujourd'hui, la pratique semble se stabiliser autour de 9 millions par an, ce qui représente environ 4 % de l'ensemble des consultations facturées à l'Assurance maladie, principalement en médecine générale. Lors de sa mise en place, la téléconsultation concernait essentiellement des médecins proposant à leur patientèle habituelle des créneaux en visioconférence.
"Lorsqu'elle s'intègre dans un parcours de soins classique, elle peut être un outil intéressant, juge Agnès Giannotti, présidente du premier syndicat français de médecins généralistes, MG France. Si par exemple j'envoie un patient que j'ai vu en présentiel faire des analyses, une téléconsultation peut suffire pour regarder ensemble les résultats et décider de la suite. Je peux v...
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