Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°936, daté février 2025.
Le Pr Paul Hofman est directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) RespirERA à Nice.
Sciences et Avenir : Les maladies respiratoires constituent-elles une menace sous-évaluée ?
Paul Hofman : Leur incidence augmente chaque année de façon inéluctable. Et de façon très sournoise car les données épidémiologiques sont assez difficiles à maîtriser en temps réel. Mais, en tout cas, depuis une quinzaine d'années au moins, l'incidence de toutes les maladies respiratoires grimpe, partout dans le monde. Le cancer du poumon chez l'humain a certes marqué une petite stagnation, en partie grâce aux campagnes antitabac, mais la courbe semble repartir à la hausse, notamment en France, et en particulier chez les femmes. Ce qui fait dire que d'autres facteurs de risque, tels que la pollution atmosphérique, voire le réchauffement climatique, ont pris le relais. L'Organisation mondiale de la santé a d'ailleurs déclaré que la pollution était un carcinogène de type 1, comme le tabac. Dans dix ans, les maladies respiratoires seront sans doute la première cause de décès.
Sciences et Avenir : Vous mentionnez le réchauffement climatique comme facteur de risque. Comment agit-il concrètement ?
Paul Hofman : On n'a pas d'étude in vitro montrant qu'une augmentation de la température des cellules en c...
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