Grandes créations artistiques, petits moyens financiers

Catherine Lalonde, Roxane Léouzon - Le Devoir - 22/01
Beaucoup d’artistes visuels subissent les contrecoups des compressions qui touchent de nombreuses institutions.

La Grande Mobilisation des artistes du Québec se réunira mercredi après-midi, devant les bureaux du premier ministre François Legault. Le but ? Faire porter à 200 millions de dollars le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Et faire en sorte que cette augmentation se répercute sur les programmes en création. Mais de quoi est donc faite la vie d’artiste, au Québec, aujourd’hui ? Le Devoir poursuit ses portraits financiers à visage humain, s’attardant cette fois aux arts visuels.

Les revenus des artistes en arts visuels sont en général très fragmentés, imprévisibles et non récurrents, résume la directrice générale du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV), Camille Cazin.

Qu’ils proviennent de « ventes d’œuvres, d’honoraires pour expositions, de droits d’auteur, d’ateliers, de commandes publiques ou privées, de subventions, leurs revenus demandent beaucoup de travail invisible, non rémunéré, sans garantie de succès », dit-elle.

Selon le RAAV, la situation s’aggrave depuis 15 ans. En 2022, près du tiers de ces artistes vivaient sous le seuil de la pauvreté. Et beaucoup subissent les contrecoups des compressions qui touchent des lieux de diffusion, des centres d’artistes ou des musées régionaux, qui réduisent à leur tour les possibilités d’exposition rémunérées.

Les arts visuels exigent des matériaux. Un atelier est souvent nécessaire pour la peinture, la sculpture, le textile, et même en performan...
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