300 Spartiates face aux Perses : ce que révèle l'archéologie

National Geographic - 17/01
En infériorité numérique, les guerriers spartiates tinrent bon face à la puissante Perse, jusqu'à ce que la trahison fasse s'abattre sur eux la fureur du roi Xerxès.

Au début du mois de juin de l'année 480 avant J.-C., la puissante armée perse traversa le détroit des Dardanelles sur deux ponts flottants avant poursuivre une avancée brutale en Grèce. Dirigées par le grand roi Xerxès, les troupes perses se dirigeaient vers les Thermopyles, un étroit col de montagne nommé d'après les sources chaudes de soufre de la région (Thermopyles signifie « portes chaudes »). Situées sur la côte est de la Grèce, entre le golfe de Malte et le massif du Kallidromo, à environ 136 km au nord-ouest d'Athènes, les Thermopyles sont un paysage accidenté et escarpé, fait de broussailles épaisses, d'arbustes épineux et de collines abruptes, où le mauvais temps - pluies torrentielles et chaleur torride - est la norme.

Ce col extraordinairement inhospitalier de plus de 6 kilomètres de long - le moyen le plus rapide et le plus facile de progresser des plaines de Thessalie vers le centre de la Grèce - allait bientôt être le théâtre d'une bataille légendaire, un épisode épique de trois jours immortalisé dans la littérature et l'histoire comme un exemple emblématique de résistance héroïque.

 

CHIFFRES ET FAITS

Une grande partie de ce que l'on sait de la bataille des Thermopyles, et des guerres gréco-persanes en général, nous vient d'Hérodote, historien grec du 5e siècle avant notre ère. Parmi les autres sources, citons l'historien Diodore de Sicile (dont le récit du 1er siècle avant J.-C. s'inspire en partie de l'historien grec Ephore de Cumes), les Grecs de l'Antiquité Plutarque et Ctésias, l'historien moderne George Beardoe Grundy (qui a effectué un relevé topographique du col étroit des Thermopyles) et, dans une moindre mesure, le tragédien grec Eschyle.

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    Aucun récit perse de cette bataille épique ne nous est parvenu, et de nombreux chiffres restent non confirmés à ce jour. Le nombre de soldats sous le commandement de Xerxès, par exemple, fait l'objet d'un débat sans fin. Selon Hérodote, le personnel militaire du roi perse comptait en tout 2,6 millions d'hommes. Son contemporain Simonide de Céos, un poète lyrique grec, l'évalue à 4 millions. Ctésias, quant à lui, dénombre 800 000 soldats, tandis que les estimations des historiens modernes, fondées sur les capacités et les contraintes logistiques des Perses à cette époque, se situent entre 120 000 et 300 000 hommes.

    Une chose sur laquelle la plupart des sources s'accordent est que la bataille des Thermopyles était à la fois le fruit d'une vengeance et d'une ambition. Dix ans auparavant, Darius, le père de Xerxès, avait été vaincu par les Grecs dans la plaine de Marathon, près d'Athènes, une...
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