De la solitude à la sollicitude. Dans l'aube naissante d'un mardi matin, à vue des Sables-d'Olonne, Charlie Dalin laissait monter à bord Jean-Yves, Guillaume, Pierre et Pascal, son équipe technique rapprochée, puis Perrine, sa femme, avec dans ses bras, Oscar, leur fils. Depuis, il ne s'appartient plus vraiment. Il a attendu sur place d'enlacer les suivants au classement, Yoann Richomme et Sébastien Simon, avant d'entamer une tournée parisienne. « Je sors de ma grotte », dit-il avec ce sourire angélique qui semble survivre à tous les aléas, toutes les contraintes.
Partout où il passe, à Boulogne lundi et ailleurs, il y a cette attention admirative des connus et des inconnus, ce respect pour un homme qui a été là où peu osent, aussi bien géographiquement qu'émotionnellement. Lundi, à peine plus d'une semaine après son tour du monde en 64 jours, neuf lecteurs attentionnés de L'Équipe, élus parmi plusieurs centaines, ont eu la chance de s'asseoir en face du vainqueur du Vendée Globe, presque côte à côte. Un jour encore, il avait dû renoncer à ne pas mettre de réveil, trimballé d'un micro à l'autre, dans le Paris médiatique, en moto-taxi.
Louis Bataille, qui lui a apporté des gâteaux confectionnés maison, s'est enquis d'emblée de cette difficulté éventuelle à emprunter cette passerelle qui l'a jeté dans le vaste monde : « Je savais qu'à partir du moment où j'allais franchir la ligne, j'allais entrer dans un tourbillon et perdre un peu de maîtrise. » Mais puisqu'il lui fallut patienter le ...
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