Crise sociale en Corée du Sud : la jeune génération en quête d’un avenir plus juste

National Geographic - 17/01
En Corée du Sud, les jeunes générations sont dans une impasse et sont obligées de renoncer à certains pans de leur avenir. 

« Les jeunes Coréens emploient eux-mêmes le terme N포 세대  (po sedae) depuis 2015 pour désigner la génération qui ne parvient pas à s’épanouir à cause de la conjoncture économique », souligne Marion Gilbert, docteure en sociologie, spécialiste de la Corée du Sud et chargée de cours à l’INALCO, à l’Université Paris Cité et à l’Institut Catholique de Paris. « Le N faisant référence à toutes ces choses qu’ils ont dû délaisser faute de moyens financiers ». Pour réussir, la génération N포 세대 doit faire face à des défis dans de nombreux domaines, à commencer par l’éducation. 

 

LA FIÈVRE DE L’ÉDUCATION

Il existe en Corée du Sud ce que Marion Gilbert qualifie de « fièvre de l’éducation », qui pousse les élèves, dès le plus jeune âge, à étudier autant que faire se peut, afin d’intégrer les meilleures universités du pays, qui plus tard leur ouvriront les portes d’un emploi dans une grande entreprise qui leur assurera plus d’avantages et de protections sociales. 

Ici, le problème n’est pas une mauvaise éducation, mais au contraire, un trop-plein d’éducation qui pousse les élèves à travailler constamment en sacrifiant leur santé mentale et physique. De manière générale, pour toutes les classes sociales, il est de coutume que l’enfant suive dès l’école élémentaire, en plus de l’école publique, des cours dans des académies ou instituts privés appelés 학원 (hagwon), qui donnent cours jusqu’à très tard le soir, aux alentours de 22 heures. 

Ces établissements ont la réputation d’avoir un coût très élevé. Selon l’agence de presse Yonhap, « les chiffres publiés par Stat...
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