Les papes manquent rarement d’estrade ou de chaire, ils n’ont donc guère eu besoin de recourir à l’autobiographie pour s’expliquer. Les livres qui paraissent sous leurs noms au cours des dernières décennies sont soit des transcriptions ennuyeuses d’entretiens avec des journalistes apprivoisés qui ont été soigneusement examinés par le Vatican, soit des compilations de vieux sermons présentés comme quelque chose de plus que ce qu’ils sont.
J'ai donc abordé ce nouveau volume avec une certaine prudence et j'ai été agréablement surpris. Il justifie pleinement sa prétention audacieuse d’être le premier mémoire jamais rédigé par un pape vivant. En effet, le nègre italien de Francis, l’éditeur Carlo Musso, révèle dans une brève postface que le plan initial lors de la commande du livre en 2019 était qu’il ne paraisse qu’après sa mort. Alors pourquoi cette urgence soudaine ?
Eh bien, à 88 ans et de plus en plus fragile physiquement (il utilise désormais un fauteuil roulant la plupart du temps), le pape argentin, qui s'est déclaré presque « du bout du monde » lorsqu'il a été présenté à la foule sur la place Saint-Pierre après sa surprise aux élections de mars 2013, il croit clairement que sa mission consistant à réformer son Église e...
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