L'économie des Allemands a fait ses preuves

MSN - 17/01
Dans une interview, Hanno Lustig, économiste à Stanford, met en garde contre les temps de turbulences, les déficits publics élevés et le nouveau pouvoir des marchés obligataires. Les États-Unis sont-ils en train de perdre leur privilège de refuge ?

Monsieur Lustig, les choses sont agitées sur les marchés obligataires. Nous assistons à une hausse rapide des rendements des obligations d’État. Le rendement des obligations d'État américaines à dix ans s'élève à près de cinq pour cent, contre près de quatre pour cent il y a quelques mois. Que se passe-t-il là-bas ?

Je pense que les marchés obligataires s’adaptent enfin au fait qu’ils reçoivent un volume énorme d’émissions. Le gouvernement fédéral américain devrait enregistrer un déficit primaire d’ici 2053.

Il s’agit du déficit qui ne prend pas encore en compte les paiements d’intérêts.

Exactement. Avec le paiement des intérêts, les déficits deviennent beaucoup plus importants. Les États-Unis consacrent déjà environ 3,5 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) aux intérêts. C'est à peu près ce que dépense le Pentagone chaque année. Les investisseurs obligataires acceptent le fait que le gouvernement va probablement continuer à enregistrer des déficits.

Mais n'était-ce pas le cas il y a deux ans ?

La grande différence est que les grandes banques centrales ont désormais signalé qu’elles n’interviendraient plus. Ils avaient alors acheté une grande partie des obligations émises. Mais depuis mars 2022, la Réserve fédérale a clairement signalé qu’elle n’achèterait plus d’obligations américaines. Les investisseurs privés doivent donc désormais absorber toutes les émissions. Dans le passé, aux États-Unis, nous pouvions également compter sur le reste du monde pour absorber une grande partie des émissions. Mais les étrangers ne sont plus aussi enthousiastes qu’autrefois à l’idée d’acheter des bons du Trésor américain.

Les États-Unis sont-ils en train de perdre leur privilège de refuge ?

Certains signes indiquent que les obligations d’État ne sont plus considérées comme un investissement sûr et souhaitable. Le premier signal est venu en mars 2020 lorsque le Covid nous a frappé. Les rendements du Trésor ont augmenté d'environ 60...
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