Dormir : on sait que ça fait du bien, on sait que c’est nécessaire. Mais le déluge de conseils, qu’ils proviennent de scientifiques du sommeil bien intentionnés ou de bio-hackers sur TikTok, ont rendu l’endormissement plus difficile que jamais. Il nous est désormais demandé de dormir pendant sept à huit heures sans être dérangé, avec un sommeil paradoxal et non paradoxal parfaitement proportionné. Nous sommes encouragés à suivre, compter et surveiller pour obtenir un sommeil parfait. On nous dit que ne pas bien dormir augmente le risque de maladie cardiaque, de diabète de type 2, d’Alzheimer, d’obésité, de dépression et de décès. Il n’est pas étonnant que nous soyons si nombreux (37 % selon Sleep Charity) à avoir du mal à dormir. Et il n’est pas étonnant que l’industrie actuelle du sommeil, alimentée par l’anxiété, vaut la somme faramineuse de 585 milliards de dollars.
Pour toute personne souffrant d’un sommeil imparfait, le fait de se rappeler constamment que le sommeil est notre super pouvoir n’a fait qu’amplifier notre anxiété liée au sommeil. J'étais l'un d'entre eux. Ainsi, lorsqu’une série de deuils a fait exploser ma légère insomnie, j’ai suivi les conseils d’un scientifique du sommeil qui m’a suggéré de le considérer comme un cadeau luxueux de temps supplémentaire. Vues ainsi, mes nuits blanches sont devenues une chance de voyager métaphoriquement à travers de nouvelles terres, et non plus une « condition » qui menaçait de me tuer.
J'ai utilisé ce don de temps supplémentaire pour enquêter sur l'histoire et la science du sommeil. Et finalement j'ai recommencé à dormir. Voici ce que j'ai appris :
Personne n'est mort d'insomnie
Nous, les humains, avons toujours connu...
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