Réseaux sociaux et leaders de l'ombre

Alghad - 13/01
Les réseaux sociaux ne fonctionnent pas en vase clos, mais sont plutôt le reflet fidèle de la réalité sociale dans laquelle ils opèrent. Il ne s’agit pas seulement d’outils techniques, mais plutôt de moteurs permettant de façonner l’opinion publique et d’encadrer les questions sociétales, d’une manière qui dépasse l’influence de tout autre média, y compris ceux affiliés à l’État. Aujourd’hui, sur ces réseaux, se cachent derrière les écrans des leaders de l’électronique, dont certains comptent dans leur discours sur l’éveil des émotions, l’inflammation des sentiments et la propagation des discours de haine. Il s’agit d’un phénomène mondial largement répandu, mais qui revêt en Jordanie une certaine spécificité, car certains de ces récits dépendent, pour la force de leur contenu, la rapidité de leur diffusion et le nombre croissant de leurs abonnés, d’informations divulguées au sein des agences d’État. et les couloirs des bureaux du gouvernement, les procès-verbaux des réunions et les livres classés secrets. Cela peut provenir d’employés en colère ou de personnes qui pensent que ce qu’ils font est une forme de lutte contre la corruption. Mais en réalité, cela porte atteinte aux institutions de l’État, viole le caractère sacré de la fonction publique et met en danger la sécurité de la société. La lutte contre la corruption dans tous les pays du monde est traitée de manière confidentielle, dans le but de documenter, d'enquêter, de recueillir des preuves et de les présenter au pouvoir judiciaire et aux autorités compétentes. Contrairement à ce qui se passe actuellement, les véritables bénéficiaires de cette incitation sont les comptes électroniques dont la popularité et le pouvoir gonflent au détriment de la sécurité et de la stabilité de l’État. Le chercheur tunisien Jawhar Al-Jamousi, dans son livre « Le virtuel et la révolution - La place de l'Internet dans l'émergence d'une société civile arabe », fait référence à ce phénomène dans lequel la conception du leadership a changé dans les sociétés arabes. "Le concept d'un leader fort qui s'appuie sur sa présence et son influence directe a disparu et a été remplacé par un nouveau concept basé sur la communication en réseau." Le leadership repose désormais sur une influence invisible sur Internet, qui repose sur la pensée et les sentiments plutôt que sur la présence physique. Le problème avec le modèle de ces nouveaux dirigeants est qu’ils n’ont pas conduit et ne mèneront pas à une véritable transformation politique et sociale. Parce qu’elle est tout simplement incapable de reformuler les concepts de justice sociale, de rotation du pouvoir et d’administration de l’État, parce qu’elle n’a aucune racine ni dimension cognitive. Cela ne contribue pas non plus à renforcer l’influence des forces civiles au sein de la société, ni à produire de nouvelles entités sociales capables de s’unir pour construire une société civile jouissant du pouvoir d’expression, soutenant le processus démocratique et permettant aux citoyens de contribuer efficacement. à la prise de décision. Au contraire, ces leaderships consacrent des identités sous-individuelles – qu’elles soient régionales, familiales, idéologiques ou religieuses – qui poussent les individus à chercher refuge dans leurs propres groupes. En conséquence, leur discours se transforme en discours de haine et d’incitation, ce qui est problématique en soi, surtout dans les moments critiques que traverse la nation, moments qui nécessitent cohésion et cohésion sociale pour protéger l’État face aux dangers extérieurs. Le plus dangereux est la capacité de ces réseaux à encadrer les relations électroniques entre leurs utilisateurs et, dans de nombreux cas, à les transformer en véritables relations sociales. Lorsque ces réseaux sont dépassés par des schémas d’influence émotionnelle basés sur des méthodes d’incitation, de propagation de rumeurs et de discours de haine, ils deviennent une recette toute faite pour des problèmes politiques et sociaux plus profonds et plus dangereux. Dans de tels cas, les réseaux se transforment en un outil permettant de polariser les masses et de les mobiliser contre les institutions étatiques, voire contre certaines composantes de la société elle-même. La question posée ici est la suivante : l’État peut-il supporter les coûts élevés de ce phénomène s’il s’aggrave et si son impact s’étend ? De quels autres indicateurs l’État a-t-il besoin pour déclarer l’état d’alerte face à ce fléau ? La confrontation nécessite une intervention urgente et des stratégies globales, fondées sur des politiques publiques qui renforcent les infrastructures sociales en tant qu’incubateurs pour lutter contre les discours de haine.
Les réseaux sociaux ne fonctionnent pas en vase clos, mais sont plutôt le reflet fidèle de la réalité sociale dans laquelle ils opèrent. Il ne s’agit pas seulement d’outils techniques, mais plutôt de moteurs permettant de façonner l’opinion publique et de formuler des questions sociétales, d’une manière qui dépasse l’influence de tout autre média, y compris ceux affiliés à l’État, suscitant des émotions, attisant les sentiments et diffusant des discours de haine. Il s’agit d’un phénomène mondial largement répandu, mais qui revêt en Jordanie une cert...
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