CHARLIE HEBDO - Ses portraits sur les murs de Paris sont indissociables des attentats du 7 janvier 2015. Il y a dix ans, alors que la France est sidérée après des attaques jihadistes dans lesquelles dix-sept personnes sont tuées à Paris et Montrouge (Hauts-de-Seine), l’artiste C215 se met à distribuer des pochoirs « Je suis Charlie » pour « donner à chacun le moyen d’exprimer ce slogan ».
Un an après, Christian Guémy, de son vrai nom, commence une fresque regroupant les portraits des victimes de Charlie Hebdo rue Nicolas-Appert, où a eu lieu la tuerie. Il peindra aussi dans les rues de la capitale ceux des policiers Ahmed Merabet et Clarissa Jean-Philippe, tués par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly. Un travail qui lui prend plusieurs années et qu’il poursuit encore aujourd’hui. Une manière pour lui « d’être un acteur parmi d’autres » pour faire vivre l’esprit Charlie, comme il l’explique dans une interview accordée au HuffPost.
Le HuffPost : Comment résumeriez-vous ce qu’a représenté le slogan « Je suis Charlie » il y a dix ans ?
C215 : À l’époque, c’était un sursaut national face à l’horreur qu’avaient suscité l’attentat et l’exécution de personnes innocentes. C’était un peu chacun de nous qui avait été mitraillé. À titre personnel, je résume « Je suis Charlie » à un attachement absolument indéfectible à la notion de liberté, notamment liberté d’expression et d’opinion.
Et dans cette dernière, il y a la nécessité de la laïcité, c’est-à-dire que la foi ne soit pas tenue pour autre chose qu’une opinion. Donc on ne peut pas en arriver à agresser physiquement ou, pire, à exécuter quelqu’un au nom d’une divergence d’opinion, ou d’un sentiment d’être agressé dans sa conviction, puisqu’elle ne s’applique qu’à soi.
Depuis la grande manifestation de solidarité du 11 janvier 2015, le sens de « Je suis Charlie » a-t-il changé, pour que certains s’en désolidarisent ?
Disons que c’est quand même un mot-valise. « Je suis Charlie », ça ne veut pas dire gr...
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