En 1973, un Concorde a parcouru l'Afrique à la poursuite d'une éclipse solaire

National Geographic - 05/01
Cette année-là, des scientifiques à bord d'un Concorde ont participé à la plus longue observation aérienne au monde d’une éclipse totale : 74 minutes dans la totalité de l'éclipse.

À travers le hublot du Concorde, un avion supersonique, Donald Liebenberg observait l’ombre de la Lune projetée sur le désert du Sahara. L’horizon semblait courbé : à plus de 17 000 mètres d’altitude, les passagers de l’avion pouvaient distinctement noter la courbure de la Terre. Au-dessus d’eux, dans le ciel, uniquement observable par projection sur une feuille de papier posée au sol, se trouvait l’anneau fantomatique d’une éclipse solaire totale.

Liebenberg est l’un des sept chercheurs qui, le 30 juin 1973, ont réalisé la plus longue observation aérienne au monde d’une éclipse totale : 74 minutes dans la totalité de l'éclipse. Voyageant à deux fois la vitesse du son, le Concorde a suivi la vitesse de l’ombre de l’éclipse, soit la partie la plus sombre de l’ombre de la Lune, où le Soleil est entièrement occulté. 

Grâce à l’altitude élevée, les caméras infrarouges et optiques embarquées installées derrière les hublots du toit ont pu prendre des images du bord du Soleil, appelé couronne, sans trop d’interférences atmosphériques. L’étude de la couronne permet de mieux comprendre comment la chaleur et l’énergie du Soleil sont transférées vers le système solaire. Ce flux constant de particules, appelé vent solaire, gagne parfois en intensité en raison d’éruptions solaires dans la couronne, ce qui peut endommager les engins spatiaux et le matériel électrique à la surface de la Terre.

Le directeur des essais en vol, André Turcat, dans le cockpit de l’avion Concorde pour le premier essai en vol de l’avion supersonique à l’aéroport de Blagnac, en France, le 19 août 1968.

PHOTOGRAPHIE DE Keystone-France, Gamma-Rapho, Getty Images

« À l’époque, on ne pouvait obtenir de pareils résultats qu’avec un avion supersonique », explique Liebenberg, aujourd’hui professeur adjoint de physique et d’astronomie à l’université de Clemson. Ce vol record a fait la une des journaux du monde entier, et le Concorde qui a effectué la mission a été exposé dans sa variante de chasse à l’éclipse au Musée national de l’Air et de l’Espace, situé en région parisienne. Toutefois, les chercheurs spécialisés dans...
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