Ce n’est que le dernier acte de sabotage en Europe attribué au Kremlin. Il y a à peine un mois, un navire chinois aurait coupé deux autres câbles de données dans les eaux suédoises à la demande de Moscou.
L’année dernière, la Russie est également soupçonnée d’avoir tenté d’installer des engins incendiaires sur un avion-cargo en Allemagne ; complot visant à tuer le chef d’une grande entreprise allemande fabriquant des armes pour l’Ukraine ; commettre des incendies criminels en Pologne, en Grande-Bretagne et en Allemagne ; et ingérence dans les élections en Roumanie et en Moldavie, entre autres pays.
La Russie mène « une campagne croissante d’attaques hybrides à travers nos territoires alliés, interférant directement dans nos démocraties, sabotant l’industrie et commettant des violences », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, en novembre. Mais qu’est-ce qu’une « guerre hybride » exactement et que devrait faire l’Occident à ce sujet ?
L’invention du terme « guerre hybride » est parfois attribuée au lieutenant-colonel à la retraite des Marines américains Frank Hoffman, en 2007, mais Hoffman me dit qu’il a pour origine Jim Mattis, général des Marines aujourd’hui à la retraite et ancien secrétaire américain à la Défense.
Mattis a prononcé un discours sur le sujet en 2005, et Mattis et Hoffman ont co-écrit cette année-là un article prémonitoire dans le magazine Proceedings de l’US Naval Institute intitulé « Future Warfare : The Rise of Hybrid Wars ».
Leur article avertissait que dans les futures « guerres hybrides », les États-Unis pourraient se retrouver confrontés « aux retombées d'un État défaillant » qui « a perdu le contrôle de certains agents biologiques ou missiles » ; à des « actes de violence » perpétrés par « des acteurs non étatiques contre notre infrastructures critiques » ou « autres formes de guerre économique » ou « attaques ...
[Courte citation de 8% de l'article original]