Retrouvez cet article dans le numéro 304 du magazine National Geographic. S'abonner au magazine
L’aube se lève sur un sommet couvert de forêts de la montagne Jingmai et vient caresser de sa lumière chaude un vénérable théier. Son tronc de 1,20 m de diamètre et ses énormes branches s’étirant vers la canopée lui confèrent un port imposant – rien de comparable avec les petits buissons de théiers en rangs serrés qu’on voit partout en Chine dans les plantations industrielles. Cet arbre profondément ancré dans la province du Yunnan, dans le sud-ouest du pays, est différent. Et sa fonction l’est tout autant.
Ai Rong, 41 ans, et son épouse, Ke Lanfang, 36 ans, sont venus avec leurs vieux parents prier devant lui dans la langue des Bulangs – la communauté autochtone de la région où sont cultivées cinq forêts de théiers, qui représentent ensemble la plus ancienne et la plus grande forêt de ce type dans le monde. Pour un oeil non averti, cet arbre pourrait n’être qu’un élément de la forêt. Mais, pour cette famille, il est le coeur d’un sanctuaire vivant : elle y prie l’esprit du théier en invoquant un ancêtre nommé Pa Aileng, qui est aujourd’hui considéré comme une divinité, de lui accorder une bonne récolte. « Il a 1 000 ans », indique fièrement Ai Rong en désignant l’imposant tronc. Mais ces dernières années, la foi du cultivateur n’a cessé d’être mise à l’épreuve. Alors que le thé produit da...
[Courte citation de 8% de l'article original]