En 1819, des soldats britanniques bien décidés à braconner un tigre se mirent en chemin le long d’une falaise en forme de fer à cheval, en surplomb des eaux du Waghora. Mais leur partie de chasse ne se déroula pas tout à fait comme prévu : ils tombèrent sur un système de grottes artificielles creusées dans la roche avec ingéniosité et sens de la mise en scène. La beauté apparente de l’ouvrage qu’ils venaient de découvrir n’était qu’un avant-goût de ce qui les attendait à l’intérieur de ces couloirs de pierre.
Les grottes, abritant des chauves-souris et connues des tribus voisines, mais demeurées anonymes pendant près de quatorze siècles, recelaient un amas d’œuvres religieuses tout simplement stupéfiantes. Les fresques immenses, les sculptures découpées dans la roche, les sanctuaires (stupas), les monastères, les salles de prière ou encore les inscriptions déposées là au fil des siècles sont autant de chefs-d’œuvre archétypaux de l’art premier bouddhiste et emblématiques des prouesses créatives de l’Inde classique sous le règne de l’influente dynastie des Gupta. Pourtant, contre toute attente, seuls quelques habitants de la région étaient au fait de leur splendeur majestueuse.
Minutieusement sculpté vers la fin du 5e siècle de notre ère, ce couple d’éléphants encadre l’entrée de la Grotte 16 à Ajantâ.
Il y a 66 millions d’années, environ 100 000 ans avant l’impact de Chicxulub (fameux cratère d’impact dû à la collision de l’astéroïde responsable de l’extinction des dinosaures), une des plus importantes éruptions volcaniques de l’Histoire inonda de 560 000 km3 de lave le plateau indien du Deccan. Une fois la poussière retombée et la lave refroidie, la région entière se recouvrit d’une couche de basalte igné.
Des Bouddhas et des bodhisattvas ornent le plafond de la G...
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