La Rinconada ne devrait pas exister. Cette ville minière péruvienne perchée à 5 300 m d’altitude est une énigme scientifique, une exception qui défie les lois de la physiologie humaine. On considérait en effet jusqu’à son essor que les hommes ne pouvaient pas vivre en permanence à plus de 5 000 m d’altitude. À La Rinconada, les effectifs de la population, indexés sur le cours de l'or, n’ont pourtant pas cessé d'enfler durant les dernières décennies pour former la plus haute ville du monde.
Ils sont aujourd’hui plus de 50 000 habitants à trimer dans les entrailles de cette terre glacée, poches vides et corps poussé au-delà de ses capacités théoriques. Depuis 2019, une équipe de chercheurs français mène des travaux pionniers sur place, un programme de recherche baptisé Expedition 5 300 pour percer le mystère de leur adaptation à cette altitude vertigineuse.
« Depuis que l’on a commencé à étudier la vie en altitude, il y a un siècle, les observations de terrain, que ce soit dans l’Himalaya ou dans les Andes, montraient qu’il n’existait aucun habitat permanent au-delà de 5 000 m », rappelle Samuel Vergès, directeur de recherche Inserm au sein du laboratoire HP2 (Hypoxie et physiopathologie) à l’Université de Grenoble-Alpes et responsable de l’expédition.
Bien qu'il est très difficile d'exercer une activité physique à 5300m d'altitude, les habitants de La Rinconada jouent régulièrement au football.