L’année DERNIÈRE, en réfléchissant aux événements de 2023, une chose semblait certaine : l’ordre imposé au pays ne garantirait pas la stabilité que le Pakistan recherche désespérément. Mais à l’approche des élections générales, on espérait qu’une réinitialisation démocratique puisse mettre le pays sur la bonne voie. Hélas, cela ne devait pas être le cas. Au lieu de cela, l’année 2024 nous amène à nous demander si la nation ne pourrait pas être piégée dans un cauchemar de Sisyphe, vouée à revivre encore et encore les moments forts les plus troublants de ses 77 années d’existence.
De nombreux membres de la génération plus âgée se plaignaient du fait que la jeunesse pakistanaise n’a que très peu conscience des troubles politiques et sociaux dont elle a été témoin dans le passé. Cette pensée se manifestait dans les comparaisons souvent faites entre le présent et l’ère Ziaul Haq. Ces comparaisons ont récemment cessé. À la fin de l’année 2024, les jeunes Pakistanais pourront enfin revendiquer leur héritage du traumatisme générationnel du Pakistan, après avoir été témoins d’une grande partie de celui-ci.
Au cours de l’année 2024, ils ont été amenés à accepter l’idée selon laquelle, au diable les lois et les règles, « le pouvoir est le pouvoir ». Ils ont réalisé à quel point le système judiciaire pakistanais peut être injuste et à quel point les transitions électorales peuvent devenir laides. Ils ont finalement compris à quel point les institutions de l’État sont facilement manipulables et à quel point les systèmes de contrôle et de contrepoids sont superficiels. L’année a également été marquée par une résurgence des activités terroristes, avec des incidents violents dont l’ampleur et l’impact ont augmenté au cours de l’année.
Même si la recrudescence des activités terroristes menaçait d’anéantir une grande partie des acquis réalisés au Pakistan au fil des années et même de mettre en péril l’avenir de la coopération économique avec les partenaires mondiaux, le gouvernement et l’appareil de sécurité semblaient beaucoup plus préoccupés par les médias sociaux et Internet, en particulier le danger du « terrorisme numérique ». En raison de ces préoccupations, les services Internet ont été périodiquement interrompus sous un prétexte de « sécurité nationale » ou un autre. Ces interventions ont toutefois eu peu d’impact obs...
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