Fernando Tuesta : « Il y a eu une énorme détérioration de la démocratie dans notre pays »

Enrique Patriau - La República - 30/12
Le politologue et ancien président de la Commission de haut niveau sur la réforme politique prévient que le Congrès ne quittera pas nécessairement Dina Boluarte en 2025, comme le pensent certains hommes politiques. Il souligne que la question dépend de qui lui succédera, étant donné qu'il s'agit d'une année préélectorale et que, pour pouvoir se séparer d'elle, ils pourraient la critiquer, interroger ou censurer ses ministres.

-Nous avons commencé l'année en nous demandant si le gouvernement Boluarte a tenu bon malgré son discrédit quasi unanime, y aura-t-il des changements importants en 2025 ou cette inertie va-t-elle perdurer ?

-Tout comme 2023 a été l'année de l'incertitude motivée non pas tant par le président et le Congrès qui l'ont soutenu, mais parce qu'évidemment l'épidémie sociale, l'ingouvernabilité a été un facteur important ; 2024 a été l’année « de stabilité » pour le président. Et c’est parce que les acteurs politiques en tirent des leçons. La présidente a terminé l'année avec un plus bas historique et elle est là parce que le Congrès, qui est - disons - le noyau le plus stable de son soutien, le voulait ainsi et il était pleinement fonctionnel. Et puis, la question est de savoir si elle continuera à être fonctionnelle d’ici 2025. Le 28 juillet 2025 est une date clé car à partir de ce moment le président ne peut plus dissoudre le Congrès par Constitution. Certains disent eh bien, c’est le moment de prendre le relais.

-Que le Congrès décide de le quitter comme pour Vizcarra...

-Clair. La différence est que Vizcarra avait dissous le Congrès précédent et il y avait un certain niveau de tension. Il y a désormais une coexistence, disons rassurante. Certains ont répondu qu’ils allaient la reléguer parce qu’il ne serait pas conseillé d’être associé à un président avec si peu d’approbation. J'en doute, mais si tel était le cas, évidemment par succession, le président du Congrès doit prendre la relève, la question est de savoir si ce sera lui qui sera là au moment où la décision sera prise ou si le Congrès prendra un accord pour changer le président du Congrès à prendre ses fonctions. Les présidents du Congrès dans des situations similaires, comme Valentín Paniagua et Francisco Sagasti, étaient des hommes politiques qui avaient leur propre poids, mais le...
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