Déclin, dormance et réveil des langues autochtones

Publié à 0h00 Le Devoir de... - Le Devoir - 28/12
La situation langagière des Autochtones changea dramatiquement quand le Canada commença à s’étendre.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

L’écrivain wendat Louis-Karl Picard-Sioui déclarait en 2017 : « Je vis dans un pays où les deux langues officielles sont des langues étrangères. » Il exprimait ainsi la perception qu’ont les Autochtones du Québec et du Canada de la situation langagière qui est la leur : locuteurs ou gardiens de parlers, dont on les a peu à peu dépossédés, pour les remplacer par des langues imposées de force par les puissances coloniales.

Ici comme ailleurs dans le monde, l’histoire de ces parlers a été la même : un déclin progressif ayant souvent mené à leur dormance partielle ou complète, suivie, au cours des dernières décennies, d’un réveil encore fragile.

En tant que colonisateurs, Champlain et ses successeurs s’arrogèrent le droit d’annexer au royaume de France les terres du Nord-est américain occupées par les nations algonquiennes et iroquoiennes, afin d’y développer le commerce des fourrures. Ils comprirent cependant qu’il leur serait impossible d’atteindre leurs objectifs économ...
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