Alors que les chefs d'État Patrice Talon et Emmanuel Macron ont signé l’acte de restitution mardi 9 novembre, c’est ce mercredi que 26 trésors royaux d’Abomey retournent officiellement sur leur terre natale. Un événement qu’attendent les Béninois depuis plus d’un siècle, et parmi eux figurent des spécialistes des religions endogènes, en particulier ceux qu’on appelle les Bokonon, les gardiens du patrimoine vodoun. Au Bénin, berceau africain de ce culte des esprits et des ancêtres, personne ne néglige les rituels séculaires. D’autant plus que figurent parmi les œuvres des pièces qui avaient avant tout une valeur sacrée et spirituelle, aujourd’hui méconnus des populations. Longtemps érigées en œuvres d’art, admirées pour leur aspect esthétique, comment ces œuvres vont-elles retrouver toute leur place ? Quelles sont les attentes sur place ? Éléments de réponse avec Flavien Brice Alihonou, Bokonon d’une quarantaine d’années, donc pratiquant du culte vodoun. Invité tout jeune à entrer dans l’univers vodoun, féru d’histoire, de lectures, Flavien Brice Alihonou est convaincu que ce moment historique était écrit. C’est dans une ambiance qui balance entre mysticisme et histoire qu’il s’est confié au Point Afrique, dans son couvent du quartier Sainte Rita de Cotonou.
Le Point Afrique : Quel est votre sentiment alors que la France a restitué au Bénin les 26 trésors royaux d’Abomey ?
Flavien Brice Alihonou : En tant que Béninois, j’éprouve un sentiment de satisfaction ; je salue le régime en place parce que pendant longtemps, on a pensé que c’était une promesse politique parmi d’autres. Quatre ans plus tard, c’est un rêve qui se concrétise pour nous.
No...
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