Pour limiter le réchauffement climatique, ce que nous devons faire, c'est réduire nos consommations d'énergies fossiles. C'est désormais un fait établi. Alors la question qui se pose, c'est peut-être plus celle de ce que nous pouvons faire pour cela. De ce que nous voulons faire également. Et finalement, de ce que nous allons faire. Xavier Arnauld de Sartre, directeur de recherche CNRS au laboratoire Transitions énergétiques et environnementales, et Sophie Dubuisson-Quellier, directrice de recherche CNRS et membre du Haut Conseil pour le Climat, nous apportent quelques éclairages.
En Norvège, le secteur du pétrole, ce n'est ni plus ni moins que 14 % du produit intérieur brut (PIB). La production est en déclin. Pourtant le pays reste le premier producteur d'Europe avec près de deux millions de barils extraits par jour. Et c'est dans ce contexte qu'en septembre dernier, le peuple s'est exprimé. Après une campagne agitée par la question de l'exploration de nouvelles ressources fossiles, il a élu une coalition qui remet en cause l'ordre établi. Une coalition dont l'un des alliés réclame même l'arrêt immédiat de toute exploration pétrolière et même l'arrêt de toute exploitation dès 2035.
« Il y a 20 ans, ce n'était pas le cas. Mais aujourd'hui, l'opinion publique commence à mettre la pression. En Occident, au moins. Il devient difficile aux politiques de continuer à ne rien faire. Et puis, les technologies sont disponibles. Alors, ma réponse à la question : "allons-nous réduire nos consommations d’énergies fossiles ?" est oui. J'ai assez peu de doutes à ce sujet », nous confie Xavier Arnauld de Sartre, directeur de recherche CNRS au laboratoire Transitions énergétiques et environnementales.
« Ce qui explique avant tout qu'on ne l'ait pas fait avant, c'est, il faut bien le reconnaître, que le pétrole apparait comme une énergie formidable... si on excepte son impact catastrophique sur l'environnement. Le pétrole est une énergie bon marché, stockable, transp...
[Courte citation de 8% de l'article original]