Dominique Pelicot et ses coaccusés ne sont pas des monstres, mais quelque chose de plus effrayant

Jennifer O'Connell - The Irish Times - 21/12
Gisèle Pélicot ne s'est pas soumise à un rituel d'écorchage public parce qu'elle voulait être une sorte d'icône. Elle l'a fait pour démarrer une conversation

L’histoire persistante du procès pour viol qui a saisi la France au cours des trois derniers mois n’est pas la méchanceté des auteurs, mais l’extraordinaire résilience de Gisèle Pelicot. La phrase utilisée par l’un de ses avocats, « la honte a changé de camp », est devenue presque instantanément un hymne à la fureur contre les violences sexuelles ; elle est devenue un avatar du courage et du courage des victimes. On comprend que sa dignité ait éclipsé sa dépravation.

Mais Gisèle Pelicot ne s'est pas soumise à l'épreuve d'un procès public parce qu'elle voulait être une icône. Au lieu de cela, comme elle l'a encore clairement indiqué jeudi, après la condamnation de 51 hommes pour viol et agression sexuelle alors qu'elle était droguée et inconsciente, elle l'a fait pour entamer une conversation ; pour que « la société s’empare du débat nécessaire ». Ce serait une injustice envers elle de se concentrer uniquement sur son courage et d'ignorer les questions soulevées par le procès.

Le plus important d’entre eux, et celui qui n’a pas encore été abordé de manière satisfaisante, est ce qui a rendu Dominique Pelicot capable d’une telle chose. Il est tentant de le qualifier de monstre et de passer à autre chose. Les preuves présentées à son sujet au tribunal se prêteraient certainement à cette qualification. Des témoins experts appelés au début du procès l'ont décrit comme quelqu'un coupé en deux, une sorte de personnage de Jekyll et Hyde. Le « côté A », disaient-ils, était ce...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...