Xénogreffe : et l'éthique dans tout ça ?

Julien Hernandez - Futura Sciences - 09/11
Lorsque des progrès scientifiques sont réalisés, l'éthique figure rarement, pour ne pas dire jamais, au premier plan. Récemment, une prouesse technico-scientifique a fait la une de la presse : un...

Lorsque des progrès scientifiques sont réalisés, l'éthique figure rarement, pour ne pas dire jamais, au premier plan. Récemment, une prouesse technico-scientifique a fait la une de la presse : un rein de porc génétiquement modifié a été greffé chez une patiente en état de mort cérébrale et a rempli ses fonctions physiologiques. Si cet exploit ouvre des perspectives pour la recherche et la pratique médicale, il apporte aussi son lot de questions éthiques. 

Comme nous l'avons évoqué, la xénogreffe du rein d'un cochon sur une patiente en état de mort cérébrale a fait la une de la presse. La plupart des articles soulignent le caractère prometteur et spectaculaire de cette avancée. Dans ceux qui sont disponibles après la requête « xénogreffe rein porc » sur un moteur de recherche, aucun ne parle d'éthique. De chez nous, à Futura, en passant par Sciences et Avenir, France Info, Libération, Les Échos, France Culture, et le Huffpost. En réalité, ce dernier est le seul à consacrer quelques modestes lignes à l'éthique de cette pratique à la fin de son article. Dans les autres, celle-ci est balayée d'un revers de main avec comme seule et unique justification « après tout, ce ne sont pas des primates, donc tout va bien ». « Tout va bien, petit, tout va bien », pour paraphraser un célèbre rappeur français. Le train du progrès scientifique ne semble pas s'attarder trop longtemps à la gare de la bioéthique à l'instar de son acolyte, le train des algorithmes de recommandations. C'est pourquoi nous avons tenu à écrire cet article concernant l'éthique de la xénogreffe, qui est une pratique qui soulève beaucoup plus de questions problématiques qu'on ne le penserait de prime abord. 

Quelques rappels

Le champ de l'éthique normative - qui élabore des théories afin de considérer quelles actions sont morales ou immorales - à ne pas confondre avec l'éthique descriptive - un champ plus apparenté à la psychologie des jugements moraux, qui tentent de savoir comment nous formons de tels jugements - se divise en trois grands courants de pensée : l'éthique de la vertu qui juge nos actions en se référant à des intentions et des traits de caractère qu'il faudrait culti...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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