Comment la Suisse, discrète, a cherché à contenir la crise du Credit Suisse

Stefania Spezzati - Reuters - 20/12
Un rapport révèle une culture du secret au sein du gouvernement suisse.
  • La culture du secret a semé la confusion, selon un rapport
  • Des responsables clés ont tenu des « non-réunions » sans papiers
LONDRES/BERNE, 20 décembre (Reuters) - Des réunions secrètes, la méfiance des responsables et les tentatives de minimiser la gravité des problèmes du Crédit Suisse ont paralysé la Suisse à l'approche de la faillite de la banque en 2023, selon une enquête menée par les législateurs vendredi.
Près de deux ans après l'implosion de la deuxième banque du pays, les législateurs suisses ont publié vendredi un rapport de plus de 560 pages révélant une culture du secret au sein du gouvernement suisse et détaillant la confusion qu'elle a provoquée.
La disparition du Crédit Suisse a entaché la réputation de la Suisse en tant que centre majeur de la finance mondiale et valeur refuge, et a mis à mal la croyance selon laquelle les banques mondiales sont plus sûres aujourd'hui que par le passé ou que les gouvernements disposent d'un plan pour faire face lorsqu'ils vacillent.
Le rapport donne un rare aperçu de la culture du secret qui constitue le fondement du statut de la Suisse en tant que centre fiable pour accumuler des richesses offshore. Selon le rapport, ce pouvoir discrétionnaire a imprégné le gouvernement, semant le désarroi.
Au cours de l'enquête qui a duré plusieurs mois, et dont les débats se sont eux-mêmes déroulés à huis clos, les législateurs ont pointé du doigt les soi-disant « non-réunions » entre responsables avant l'effondrement de la banque.
Ces réunions informelles sont restées clandestines par crainte de fuites, laissant les principaux ministres du gouvernement dans le noir et entravant les préparatifs en vue d'un éventuel sauvetage et de la vente du Crédit Suisse par l'État à son plus grand rival, l'UBS (UBSG.S), ouvre un nouvel onglet.
Les législateurs ont déclaré que de telles non-réunions étaient favorisées par l'ancien président de la Banque nationale suisse, Thomas Jordan, alors qu'il s'efforçait d'éviter un désastre financier et cherchait à marier le Crédit Suisse à l'UBS.
L'ancien ministre des Finances du pays, Ueli Maurer, a également opté à plusieurs reprises pour des conversations informelles sans trace écrite, selon les auteurs.
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