Au mois de mars de cette année, on saluait un projet étonnant, à l’image de celui qui l’avait inspiré, Georges Perec. L’importance du nombre 53 dans la vie et l’œuvre de l’écrivain, ainsi que dans son activité à l’Oulipo 1, a donné à l’éditeur Thierry Bodin-Hullin l’idée de cette collection, 53 livres de 53 pages chacun. Il se fixait pour objectif d’explorer toutes les résonances « perecquiennes » chez les écrivains d’aujourd’hui.
Pas un travail d’étude parfaitement réalisé par l’université ou les instances spécialisées, mais l’ouverture d’un espace de création, de fiction, de poésie, de mémoire, d’imitation – on verra – de rêve, certainement.
Une « entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur », comme le disait Rousseau ? « L’avenir le dira », serait-on tenté de penser, si cette tentative n’était frappée de plein fouet par la décision de la présidente de la région Pays de la Loire de poser un acte paradoxalement très perecquien : la disparition de la culture.
« La Disparition », c’est le thème choisi par Claro pour Une seule lettre vous manque, le cinquième opus de la série. On sait le roman de Perec écrit sans la lettre « e », la plus fréquente en français. Claro réfléchit sur ce « tour de magie » qui fait que cette lettre disparue, « volée » comme dirait Edgar Poe et la psychanalyse à sa suite, « continue de crever les yeux ».
C’est dans la traduction qu’il faut chercher cette opération qui fait dispara...
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