C’est au beau milieu des volcans de l’île de Kyushu, au Japon, que Yakei, une jeune macaque, a défié l’ordre patriarcal qui régnait depuis soixante-dix ans au sein de ce groupe de singes. Cette primate s’est lancée dans une violente conquête du pouvoir, se battant d’abord contre sa mère (l’ancienne femelle la plus puissante du groupe) puis contre Sanchu, le mâle tout en haut de la hiérarchie de cette troupe de six-cents singes. Elle a gagné ses combats, et, désormais, c’est elle qui parade, queue relevée, tout autour de l’île.
Privilège du pouvoir, Yakei se sert à manger en premier - le mâle déchu lui laisse la priorité. La jeune macaque s’est aussi mise à secouer les arbres avec virulence - un comportement d’ordinaire observé chez les mâles dominants.
Cette histoire serait peut-être passée sous les radars des scientifiques il y a soixante ans. « La société étant imprégnée de biais sexistes, les chercheurs partaient du principe que tous les groupes d’animaux étaient dominés par des mâles. Le genre du pouvoir n’était pas un sujet d’étude » explique Elise Huchard, chercheuse en écologie comportementale à l’université de Montpellier. Depuis les années 1960, et la lente féminisation du métier qui a élargi les c...
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