Au procès de l’assassinat de Samuel Paty, l’heure des réquisitions

Ouest France - 16/12
La cour d’assises spéciale de Paris juge depuis début novembre sept hommes et une femme pour leur implication présumée dans la campagne de haine précédant le crime ou l’aide qu’ils auraient apportée au terroriste. Tous contestent les accusations, excepté un qui a reconnu sa responsabilité. Le verdict est attendu en fin de semaine.

Dernière ligne droite dans le procès de l’assassinat de Samuel Paty. Les procureurs antiterroristes prennent, ce lundi 16 décembre, leurs réquisitions à l’encontre des huit accusés jugés depuis le 4 novembre par la cour d’assises spéciale de Paris. Ils comparaissent pour leur implication présumée dans la campagne d’intimidation précédant le crime ou l’aide qu’ils auraient apportée au terroriste, Abdoullakh Anzorov. Ce jeune Tchétchène radicalisé a poignardé et décapité l’enseignant, le 16 octobre 2020, lui reprochant d’avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Il a été tué par la police juste après l’attentat.

L’assaillant avait en fait repéré le professeur d’histoire désigné sur les réseaux sociaux. Samuel Paty était la cible de cyberharcèlement depuis le mensonge d’une élève de 13 ans. Pour cacher à ses parents qu’elle avait été exclue deux jours pour son indiscipline, la collégienne avait affirmé être renvoyée pour avoir tenu tête au professeur qui avait, disait-elle, demandé aux élèves musulmans de sortir de la classe avant de projeter un dessin du Prophète nu. Elle n’avait en réalité pas assisté au cours, mais sa version avait été relayée par des adultes peu scrupuleux, attisant la polémique avec des vidéos dans lesquelles ils qualifiaient l’enseignant de « voyou » et réclamaient son renvoi.

Hommage au professeur d’histoire et géographie, Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020. | ALAIN JOCARD / AFP Voir en plein écran
Hommage au professeur d’histoire et géographie, Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020. | ALAIN JOCARD / AFP

Un « engrenage mortel »

Un engrenage qui a conduit à la « mise à mort » de Samuel Paty, selon les mots du parquet antiterroriste. La jeune fille et cinq autres ex-collégiens qui avaient guidé le djihadiste vers sa victime contre rémunération, ont ...
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